• Le bon côté : Le tourisme a sauvé des milliers de riads historiques de la ruine et créé des emplois essentiels dans la médina.
  • Le défi : Cet essor a également entraîné la gentrification, repoussant les familles locales à mesure que les prix de l'immobilier grimpent en flèche.
  • La "dévitalisation" : Certaines parties de la médina sont en train de devenir de magnifiques coquilles vides, avec plus de lits touristiques que d'habitants locaux.
  • Vous avez le pouvoir : En tant que voyageur, vos choix peuvent faire une réelle différence positive.

La "Révolution Riad" : Une histoire de restauration et de déplacement

Soyons clairs : la « Révolution des Riads » a eu d'incroyables bénéfices. Il y a de nombreuses années, beaucoup de ces joyaux architecturaux tombaient en ruine, étaient négligés et menaçaient de disparaître à jamais. Des investissements étrangers et locaux ont afflué, restaurant avec amour ces maisons et les transformant en les maisons d'hôtes que vous voyez aujourd'hui. Cela a créé des milliers d'emplois pour les gérants, les cuisiniers, les agents d'entretien et les artisans. Cela a ramené la vie et l'argent au cœur de nos villes anciennes.

Mais ce succès a eu un prix. Alors que les riads sont devenus des propriétés très prisées pour la location touristique, leur valeur a explosé. Une maison familiale transmise de génération en génération est soudainement devenue un bien précieux, souvent plus rentable à vendre qu'à habiter. Les familles locales ont été évincées, incapables de rivaliser avec les investisseurs étrangers. Cela a entraîné une lente « dévitalisation » de la communauté. Le boulanger du quartier, l'épicier du coin, le tailleur du quartier… leur clientèle de familles résidentes se réduit, remplacée par un flot de touristes de passage.

Où sont passés tous les voisins ?

Si vous vous promenez dans certaines parties de la médina de Marrakech tard le soir, vous pourrez ressentir le changement. Les ruelles, qui résonnaient autrefois des rires d'enfants jouant et des bavardages des voisins depuis leurs pas de porte, peuvent parfois sembler d'un calme étrange. C'est beau, oui, mais c'est la beauté orchestrée d'un musée, non pas le pouls vibrant et chaotique d'un quartier vivant.

Le tissu social de la médina est bâti sur la communauté. Il s'agit d'emprunter du sucre à son voisin, de voir les enfants jouer tous ensemble dans le derb (la ruelle), du plat de couscous partagé le vendredi. Quand une maison familiale devient une maison d'hôtes avec un défilé incessant d'étrangers, ce lien est perdu. C'est un changement subtil, que les touristes séjournant trois nuits pourraient ne jamais remarquer, mais pour nous, c'est l'effacement progressif de l'âme de la communauté.

Comment être un voyageur conscient, pas seulement un touriste

Alors, devriez-vous annuler votre réservation de riad ? Absolument pas ! Les riads sont une partie essentielle de notre économie. La solution n'est pas d'arrêter de venir ; c'est de venir en toute conscience. Vous, le voyageur, avez le pouvoir de soutenir la communauté locale de manière significative.

Voici quelques gestes simples que vous pouvez faire :

  • Mangez en dehors de votre riad : Le dîner de votre riad est probablement délicieux, mais prenez l'habitude de prendre au moins quelques repas dans de petits restaurants locaux de la médina. 50 dirhams (environ 5 dollars américains) pour un tagine représente bien plus pour une petite entreprise familiale.
  • Faites vos achats localement : Au lieu d'acheter des souvenirs dans les grandes boutiques rutilantes, recherchez les petits ateliers d'artisans. Achetez votre pain à la boulangerie locale, votre eau au hanout du coin.
  • Engagez un guide local agréé : C'est l'un des meilleurs moyens d'injecter de l'argent directement dans la communauté. Un guide officiel est un professionnel capable de partager des aperçus culturels profonds bien au-delà de ce qu'un guide de voyage peut offrir.
  • Posez des questions : Parlez au personnel de votre riad. Interrogez-les sur leurs familles, où ils vivent, où ils aiment manger. Montrez-leur que vous les considérez comme plus que de simples prestataires de services. Une simple conversation peut faire toute la différence.

Soyez le voyageur que vous aimeriez accueillir.

Personne ne vous demande de résoudre tous les problèmes socio-économiques complexes de la médina lors de vos vacances. Tout ce que nous demandons, c'est que vous arriviez les yeux ouverts. Voyez la beauté, mais voyez aussi la communauté qui travaille dur pour survivre et prospérer à ses côtés.

L'expérience marocaine la plus "authentique" ne se trouve pas dans le carrelage parfait de la cour de votre riad. Elle se trouve dans le sourire que vous échangez avec l'homme qui vous vend des épices, la saveur d'une soupe d'un stand de street food que vous avez osé goûter, et la conscience que vous êtes un invité dans un quartier vivant, animé et fragile. Soyez un bon invité. C'est la chose la plus authentique que vous puissiez faire. Marhaba bikoum (Bienvenue à vous tous).

Foire aux questions

De vraies réponses pour votre aventure marocaine : Questions culturelles et pratiques, auxquelles répond un Marocain.